2025 – en cours
Ce projet prend forme à partir de rivages, traversés par des histoires de départs et de disparitions, menacées par l’oubli. À Guédiawaye, au Sénégal, dans la banlieue de Dakar, où j’ai longtemps travaillé et vécu, où vit une partie de ma famille, j’ai rencontré des jeunes qui sont partis en mer, et dont, des années après, personne n’a plus eu de nouvelles. Ces récits persistent et sont aussi regardés par l’oubli. Ils traversent les images, les hantent, depuis des présences énigmatiques, et parfois au bord de l’effacement. Je photographie des paysages côtiers calmes.
Je marche le long de ces rivages. Je regarde mes enfants jouer. Des gestes simples. Et pourtant, non loin de là, d’autres corps ont pris la mer sans retour, parfois ont été rejetés. Ces réalités coexistent.
À Athènes, en visitant le musée de l’Acropole, où tant de voyageuses et voyageurs arrivent par la mer Égée, par la mer Méditerranée, je regarde des sculptures anciennes. Les couleurs des peintures antiques ont disparu. Il reste une teinte pâle, entre le blanc et le rose. Une présence atténuée par le temps, sans tout effacer. Les couleurs sont encore là, autrement. Elles me rappellent celles que je cherche dans mes images, avec des silhouettes à peine visibles, qui hantent.
